Archives de catégorie: Fatigue au travail

Les employeurs et les superviseurs devraient s’intéresser à l’impact de la fatigue sur le milieu de travail, car elle peut être considérée comme une forme d’incapacité et, du même coup, comme un facteur de risque.

Cependant, les niveaux de fatigue ne peuvent pas être mesurés ou quantifiés facilement; il est difficile de déterminer précisément l’effet de la fatigue sur les taux d’accidents et de blessures.

La sensibilisation et l’observation des changements de comportement aident à reconnaître la fatigue.

Les facteurs qui peuvent influer sur la fatigue comprennent notamment :

  • l’organisation des horaires de travail en rotation,
  • les charges de travail équilibrées,
  • le moment choisi pour les tâches et les activités,
  • la disponibilité des ressources et l’environnement de travail (p. ex. éclairage, ventilation, température).

Certaines études ont révélé que lorsque des travailleurs obtiennent moins de 5 heures de sommeil avant de travailler ou que ceux-ci demeurent éveillés pendant plus de 16 heures consécutives, le risque de commettre des erreurs causées par la fatigue au travail augmente considérablement.

Ces études montrent que le nombre d’heures sans sommeil est comparable au taux d’alcoolémie. Selon une étude :

  • 17 heures sans sommeil équivalent à un taux d’alcoolémie de 0,05
  • 21 heures sans sommeil équivalent à un taux d’alcoolémie de 0,08 (limite légale au Canada)
  • de 24 à 25 heures sans sommeil équivalent à un taux d’alcoolémie de 0,10

La fatigue est jugée comme ayant une incidence sur le rendement au travail. Le ministère du Travail de l’Alberta* signale que la plupart des incidents surviennent lorsque les personnes sont plus sujettes à la somnolence – entre minuit et 6 h et entre 13 h et 15 h.

Le ministère du Travail de l’Alberta indique aussi que la fatigue affecte chaque personne différemment, mais qu’elle peut accroître l’exposition des travailleurs à des facteurs de risque en :

  • réduisant le fonctionnement mental et physique,
  • affectant le jugement et la concentration,
  • diminuant la motivation,
  • ralentissant le temps de réaction,
  • augmentant les comportements dangereux.

*Source : Fatigue, Extended Work Hours, and Workplace Safety (février 2017) [en anglais seulement]. Ministère du Travail de l’Alberta.

Une grande partie des travailleurs québécois est affectée par ce qu’il est convenu d’appeler le « blues hivernal » qui sévit à cette période-ci de l’année. C’est ce que conclut l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés à la suite d’un sondage CROP effectué auprès des travailleurs salariés en janvier 2010.

Selon ce sondage, plus d’un quart des travailleurs québécois (26 %) disent être moins productifs et 42 % affirment se sentir plus fatigués ou déprimés en janvier et en février.

Et le problème est plus marqué dans la grande région de Montréal, où le pourcentage des travailleurs qui se sentent plus fatigués ou déprimés s’élève à 50 %.

« Pour aider les employés à combattre la déprime hivernale, les employeurs peuvent adopter diverses stratégies. Par exemple, si de gros projets doivent être entrepris en début d’année, il est peut-être indiqué de segmenter le projet en étapes et de fixer des objectifs à court terme. C’est une façon de faire qui permet non seulement de s’ajuster au fur et à mesure, mais aussi d’encourager le sentiment d’efficacité des troupes.

Les employeurs peuvent aussi multiplier les occasions de souligner les contributions individuelles et collectives », a indiqué M. Florent Francoeur, CRHA, président-directeur général de l’Ordre.

Des tabous qui subsistent…

Le sondage révèle également que, dans plusieurs milieux de travail, la dépression, le burn-out et autres problèmes de santé mentale sont encore mal vus.

En effet, 37 % des travailleurs québécois disent qu‘il n’est pas bien considéré de souffrir de tels problèmes dans leur milieu de travail.

« On peut se demander si ces préjugés sont le fait des travailleurs eux-mêmes ou si ce sont les milieux de travail en général qui ne sont pas encore assez ouverts.

Peu importe la raison, les employeurs doivent être sensibles à la problématique. Ils ont un rôle important à jouer en établissant et en communiquant une culture, des politiques et des programmes de sensibilisation qui favorisent la santé mentale de leurs employés », a conclu M. Francoeur.
Pour en savoir plus…

 

Source: https://ordrecrha.org/salle-de-presse/communiques-de-presse/2010/pres-de-la-moitie-des-travailleurs-quebecois-sont-victimes-du-blues-hivernal-resultats-d-un-sonda